
À propos de PASG
Rapport annuel 2006
Rapport annuel 2006 en PDF (3.3mb)
C’est en 2005 que le besoin d’établir Pierres d’assises des services de garde : L’Agence pour le développement des services éducatifs et de garde l’enfance du Canada (PASG) s’est d’abord manifesté. Il fallait pouvoir répondre à la période de croissance accélérée que s’apprêtaient à vivre les services éducatifs et de garde à l’enfance. La création d’une telle agence s’imposait pour profiter des occasions qui allaient se présenter suivant l’engagement du gouvernement fédéral de consacrer cinq milliards de dollars sur cinq ans aux services de garde et les ententes fédérales, provinciales et territoriales conclues à cet égard.
Dans le cadre des ententes FPT, les parties ont convenu de soutenir et de développer les services éducatifs et de garde à l’enfance (sége) en vertu de quatre principes fondamentaux : qualité, universalité et inclusion, accessibilité et propices au développement de l’enfant. Elles se sont également engagées à s’informer mutuellement de pratiques exemplaires dans le domaine et de résultats de recherches. À ce moment, et c’est toujours le cas, peu de mesures ont été mises en place pour soutenir ces engagements.
Suivant l’élection d’un nouveau gouvernement conservateur à Ottawa, les perspectives pour le secteur des sége sans but lucratif semblent encore plus mornes. Si le nouveau gouvernement met en œuvre son plan visant à verser aux parents une allocation financière et à accorder aux entreprises et organismes communautaires des incitatifs fiscaux pour la création de nouvelles places, il faut que le secteur sans but lucratif soit prêt à réagir. Voilà pourquoi PASG poursuivra ses démarches en vue d’établir une agence de développement communautaire.
L’expérience démontre qu’en rendant les fonds publics accessibles à tous, on évince les petits propriétaires exploitants et les garderies communautaires au profit des grandes entreprises commerciales. À titre d’exemple, le gouvernement national de l’Australie a introduit des mesures similaires il y a dix ans. De grandes chaînes privées de garderies sont alors nées et se sont accaparées la totalité des fonds publics. Elles détiennent maintenant le haut du pavé dans le domaine et déclarent des profits inégalés. Entre temps, dans les médias, on fait état régulièrement des conditions d’exploitation minables et d’une baisse d’accessibilité pour les populations vulnérables.
Aux États-Unis et en Grande-Bretagne, la situation est similaire. Par ailleurs, certaines dispositions de l’Accord de libre échange nord-américain soulèvent de l’inquiétude car les chaînes de garderies étatsuniennes auraient accès à égalité au financement public et pourraient ainsi investir le marché canadien.
L’entreprise privée ne devrait pas être soutenue par des fonds publics. Les services de garde devraient être des actifs communautaires et les décisions concernant l’endroit où les établir, les clientèles à desservir, leur fonctionnement et leurs heures d’ouverture ne devraient pas relever d’entrepreneurs privés, grands ou petits. Dans le même ordre d’idées, on ne peut laisser à la bonne volonté et à la débrouillardise d’une poignée de bénévoles le soin de mettre sur pied des services essentiels. Pour lui permettre de concurrencer dans un environnement résultant de nouvelles initiatives fédérales, quelle qu’en soit la nature, le secteur des services de garde communautaires a besoin d’une infrastructure stable et habilitante de manière à consolider son développement.
Les services de garde au Canada ont été décrits, et avec justesse, par l’OCDE comme étant une « mosaïque de services fragmentés ». Les services de garde existants sont le résultat, dans une large mesure, du leadership et de l’engagement communautaire dans leur milieu. Ils sont aussi, parfois, le résultat d’initiatives privées, mais très rarement le résultat d’un plan de développement municipal, provincial ou territorial. Dans certaines régions, il n’y a pas de services de garde communautaires ou s’il y en a, ils sont très fragiles. En effet, dans des milieux tels que les petites municipalités, les nouveaux quartiers résidentiels en banlieue, les régions nordiques et les collectivités rurales, il est difficile de mettre sur pied des services de garde sans but lucratif.
Quoique le secteur des services de garde soit manifestement fragile, il possède une grande expertise. Par contre, cette expertise est éparpillée dans tout le pays. La création d’une agence pour soutenir le développement des services de garde sans but lucratif servira à consolider l’expertise pancanadienne. L’organisme établira le lien entre les personnes désireuses de mettre sur pied un service de garde et les réseaux existants ou alors il les appuiera directement, faute de réseaux locaux. Advenant l’inexistence de réseaux, l’Agence pour le développement des services éducatifs et de garde à l’enfance travaillera de concert avec des mobilisateurs communautaires pour créer l’infrastructure indispensable. En consolidant l’expérience et l’expertise du milieu, en se communiquant cette information, il ne sera plus nécessaire de réinventer à chaque fois la roue.